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En guise d’éditorial : Nihilisme woke et projet obscurantiste

Définir les sociétés occidentales comme en perpétuelle transformation depuis un millénaire revient à dire que cette civilisation occidentale a comme moteur sa propre subversion, le dépassement d’elle-même par une contestation interne, une créativité sociale-historique inhérente, une auto-critique permanente dans tous les domaines. Or tout se passe comme si, depuis les dévastations du XXe siècle, l’épuisement progressif de cette inventivité omniprésente s’accompagnait paradoxalement d’une radicalisation de la contestation. Fuite en avant devenue sans projet, elle n’est plus, dans sa version cérébralisée et nihiliste, qu’une auto-destruction des socles anthropologiques et culturels sous couvert de « déconstruction ».
C’est ainsi que l’on peut comprendre le phénomène du « wokisme » qui se présente comme un ensemble de contradictions autour d’un constat : ces mouvances portent une hyper-critique radicale tous azimuts des sociétés occidentales sans jamais être capable de projeter une organisation alternative de la société. Sa traduction sociologique est évidente : ces milieux hyper-intégrés doublent et éliminent les classes sociales concurrentes en développant un arrivisme d’autant plus outrancier qu’ils se parent d’une doctrine sapant tout repère culturel. Il s’agit au fond, une génération après, de la réactualisation des principes gauchistes des années 1960-1970, qui a égaré sans retour ceux y voyaient une voie pour l’émancipation – c’est-à-dire liaient encore les paroles et les actes. (...)
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Ci-dessous, quelques références de films, de documentaires et de podcasts qui nous semblent dignes d’intérêt — et dont la liste pourrait varier au fil du temps, des événements, des goûts et des découvertes.
« Les soleils sont de formidables machines à la fois horlogères, motrices, fabricatrices. Ils produisent des atomes lourds, c’est-à-dire de l’organisation complexe, et du rayonnement, c’est-à-dire la manne dont se nourrit la vie. En bref, tout ce qui dans le cosmos est ordre et organisation, tout ce qui produit toujours plus d’ordre et d’organisation a pour source un soleil. Or, il faut le remarquer inlassablement : cette machine à feu est en feu. Le soleil est en flamme. Notre soleil n’éclaire pas comme une lampe. Il crache le feu, il pète le feu, dans une auto-consomption insensée, une dépense folle que n’avait prévu nul traité d’économie cosmique. Son noyau est un pur chaos. C’est une gigantesque bombe à hydrogène permanente, c’est un réacteur nucléaire en furie. Créé en catastrophe, s’allumant à la température même de sa destruction, il vit en catastrophe, puisque sa régulation est faite de l’antagonisme d’une rétroaction explosive et d’une rétroaction implosive. Il va tôt ou tard vers l’une ou l’autre destruction, l’hyperconcentration ou l’ultime gerbe de feu de la nova ou supernova ? Ainsi les milliards de milliards de soleils sont à la fois l’ordre suprême, l’organisation physique admirable, et le chaos volcanique de notre cosmos. »
E. Morin, La méthode I — La nature de la nature, 1977

Ci-dessous une cartographie des principales mouvances anti-Lumières en France, (toujours inspirée de la cartographie de « l’extrême-droite » malheureusement très imprécise).







