Aux sources du Totalitarisme (ce stalino-gauchisme qui ne passe pas) (2/2)

Guy Fargette
mercredi 5 février 2025
par  LieuxCommuns

Voir la première partie

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III. Les principes de l’activisme des intellocrates

Voici les repères propres à l’activisme des intellocrates, qui reprennent de plus en plus volontiers l’étiquette scandaleuse d’“engagés” :

*L’acharnement avec lequel ils s’efforcent de rabaisser leur propre culture s’appuie sur une amplification sans retenue de la capacité d’autocritique occidentale, qui a toujours tranché sur l’égoïsme sacré des autres civilisations.

*L’instance juridique est instrumentalisée pour devenir une machine de guerre contre les autres pouvoirs. Le caractère formel du droit est poussé jusqu’à inventer des leviers qui lui donnent la préséance sur la loi et l’exécutif. Toutes les organisations supra-nationales se sont emparées de ce retournement, en faisant prévaloir une axiomatique qui entend dissoudre les corps politiques de citoyens, qui sont au fondement des nations. L’opération consiste à déplacer les droits des individus sur les groupes, ce qui interdit toute intégration [1].

*L’État-providence, produit d’un compromis politico-social implicite mais prégnant (protection économique et sociale en échange d’une passivité politique entretenue par une industrie du divertissement dont le déploiement excède tout ce qu’avait inventé la république romaine finissante), est ouvert sans condition à tous les nouveaux venus. Ceux-ci peuvent ainsi s’incruster sans pour autant contribuer à la mutualisation des efforts. Aucune société dotée d’un État-Providence ne peut supporter une telle immigration de masse aimantée par les subventions étatiques. Cette infiltration colonisatrice suit une logique de passager clandestin, qui condamne le dispositif d’État-providence à la faillite terminale, ardemment souhaitée par les oligarchies économiques. C’est parce que les États-Unis du XIXe siècle étaient dépourvus de ce type de dispositif, qu’ils pouvaient exiger des nouveaux arrivants un effort rigoureux et non négociable d’adaptation aux règles du tissu économique et social. L’origine principalement occidentale des immigrants en Amérique du Nord a facilité cette intégration de masse.

*L’anticolonialisme s’est mué en entreprise systématique de colonisation à rebours des pays occidentaux. Ce retournement dérive directement de l’anti-impérialisme sélectif, qui dénonçait déjà les demi-empires coloniaux européens au profit de véritables empires, musulmans, russes ou chinois, où la “repentance” et même l’autocritique ont toujours été inexistantes.

*L’antiracisme sert, de la même façon, à flatter et systématiser un véritable racisme contre les Occidentaux (qualifiés de “Blancs”). Les dispositifs destinés à endiguer l’expression publique de l’antisémitisme et du “racisme” permettent maintenant d’assister l’extrémisme musulman en favorisant la constitution d’une Inquisition musulmane (le prétendu “Collectif contre l’islamophobie en France”), qui peut traîner n’importe qui devant les tribunaux grâce à l’imposture des lois “antiracistes”. L’arrivée massive en Europe de millions d’admirateurs de Hitler vise, entre autres choses, à “terminer le travail”, en terrorisant les Juifs et en les chassant du continent. Ceux-ci constatent qu’ils subissent une fois de plus une entreprise de domination monstrueuse destinée à s’étendre à toute la population locale.

*Tout “migrant”, néologisme qui permet de noyer le tsunami migratoire en un brouillard indistinct, aurait des “droits” impératifs sur les populations occidentales qui voient d’un coup s’effacer la référence à l’égalité statutaire formelle, pourtant caractéristique des révolutions occidentales réussies. Les “migrants” les plus hystériques conseillent publiquement aux Occidentaux, et avec une jubilation extrême, de partir si ce “multiculturalisme” unilatéral leur déplaît.

*Les ingénieries fondées sur la “discrimination positive” sapent toute notion de mérite individuel et verrouillent le schéma des logiques inégalitaires liées à des privilèges selon l’origine et la religion. Le domaine du sport, en particulier du football, est le secteur où cette opération va le plus loin en France (les écoles de formation favorisent les extra-européens, dans le but de produire un symbole, le remplacement des Occidentaux dans des équipes médiatiques-phares, qualifiées par antiphrase de “nationales”). Quelques vedettes préfabriquées y gagnent leur ticket d’entrée dans l’oligarchie prédatrice. Ce petit nombre d’“élus” joue le même rôle que les gagnants d’une loterie, que leur public rêve d’imiter avec l’illusion de pouvoir tous un jour bénéficier de leur sort. Les nouveaux venus en Europe retiennent la seule leçon de l’avidité sans frein, point géométrique de convergence entre les prédateurs de l’oligarchie économico-financière et les loups colonisateurs.

*L’intention récurrente d’accorder le droit de vote aux “non-nationaux” amplifierait le procédé, puisqu’il n’est jamais envisagé de donner aux Occidentaux un droit analogue dans le pays d’origine de ces “migrants”, droit qui demeurerait de toute façon virtuel, alors que les peuples européens se sont accordés de tels droits en toute réciprocité. Mais la distribution de plus en plus automatique de la “nationalité” aux nouveaux venus obtient le même effet, bien plus directement.

*La dénonciation de l’inégalité que subissent les femmes est sélective. Les dizaines de millions d’Occidentaux qui depuis un siècle au moins se sont montrés complices de leur émancipation sont gommés de l’histoire, alors que les envahisseurs extra-européens sont excusés par avance de leur volonté dominatrice et de leur agressivité. Leur misogynie défie toute analyse classique. Les femmes se trouvent confrontées tout à coup et sans médiation à la perte de toute protection contre la barbarie moléculaire caractéristique des despotismes orientaux. Les femmes musulmanes qui s’alignent de plus en plus sur des règles comme le port du voile espèrent vainement détourner vers les femmes occidentales l’immense brutalité du machisme musulman. L’ensemble des femmes, à l’instar des Juifs, constitue ainsi une catégorie sacrifiable, la plus étendue, véritable tribut en nature offert d’avance aux conquérants comme l’exposent les affiches de la propagande du “vivre ensemble” : une femme occidentale accueillant avec un enthousiasme publicitaire le colonisateur-de-couleur.

*La “liberté sexuelle”, devenue religion du sexe, a été encouragée au point de donner aux prédateurs une position de force. Le Parti vert allemand répercutait déjà la “cause” pédophile dans les années 1970. Les mariages de fillettes sont désormais avalisés en Allemagne et ailleurs comme conséquence du tsunami migratoire, ainsi que la polygamie (qui prolifère en France chez les immigrés de l’Afrique colonisée par l’islam). La prédation sexuelle des migrants est sous-estimée et excusée par morale idéologique, si bien que l’exacerbation récente de la dénonciation du harcèlement sexuel épargne soigneusement ceux qui pratiquent, par “devoir religieux”, une haine rabique des femmes et imposent à celles-ci, quartier après quartier, un statut de semi-esclavage, conforme à l’orthodoxie musulmane. Il faudrait avoir des égards pour ce genre de “trait culturel” ! Comme on le voit en Grande-Bretagne dans des dizaines de villes (Rotherham, Telford, Rochdale, Tesco, etc.), des milliers de femmes et de fillettes occidentales ont été livrées à des gangs de proxénètes musulmans depuis trente ans déjà. Mais ce pays n’est sans doute pas le seul concerné. On assiste depuis plusieurs années en France à l’apparition d’une prostitution d’adolescentes (il y aurait plus de 70 affaires en cours d’instruction, qui concernent à chaque fois une multiplicité de cas). L’identité des maquereaux étant soigneusement tue, le diagnostic d’un développement analogue à celui que connaît l’Angleterre est hautement vraisemblable. Ces détachements prédateurs passent ainsi au hachoir, en toute tranquillité, les populations occidentales en détruisant leur dignité et en les avilissant de façon systémique. Ce qu’ils font aux femmes est en effet considéré dans leur “culture” comme ce qui peut être fait de pire à une “communauté”. Comment ne pas y voir une étape préliminaire à la réduction en esclavage de populations occidentales étendues  ? Les prétendus “Indigènes de la République” et divers aboyeurs du rap le revendiquent en toute tranquillité, quand ils ne parlent pas d’extermination pure et simple des “Blancs”. La consistance de ces opérations se vérifie au fait que ces criminels bénéficient de complicités institutionnelles considérables (services de police locale, services sociaux, élus locaux, etc., qui assurent trembler à l’idée de passer pour “raciste”). Cette entreprise d’asservissement, comme toute l’envahissante délinquance musulmane, rencontre une indulgence de principe, parce qu’il s’agit de leviers sociologiques producteurs de domination ethnique et religieuse sur les “Blancs”. C’est là que se condense au jour le jour la texture même de la IVe guerre mondiale en cours.

*L’inventivité technique permanente qui caractérise l’Occident et sa capacité à mettre au point de nouvelles utilisations industrielles prométhéennes produit désormais de nouveaux dispositifs de contrôle qui renforcent la régression. Si on peut rire de tout sauf de l’islam, déclaré au-delà de toute critique, c’est que nous subissons déjà une forme de terreur politico-religieuse qui ira en s’aggravant sans cesse. Cette atmosphère asphyxiante est relayée par des organisations qui paralysent la résistance en Occident : la censure délocalisée de Facebook et de Twitter, produits prosaïques d’une ingénierie californienne aux motivations tout aussi utopiques que les lubies “progressistes” sur le vieux continent, constitue le levier planétaire dépourvu de la moindre légitimité, qui soutient cet arbitraire despotique d’un nouveau genre. L’islam exige d’être ménagé alors qu’il ne constitue pas une “religion”, c’est-à-dire une éthique personnelle (sens adopté en Europe au XVIIIe siècle), mais un mouvement politico-militaire aspirant ouvertement au despotisme universel. Avec les “Frères musulmans”, ils ont appris depuis les années 1920 comment greffer les ingénieries totalitaires sur leur idéologie religieuse figée depuis le XIIIe siècle.

*Le sort des homosexuels est pris dans une double illusion : ils sont affichés comme une norme de référence, puisqu’ils sont désormais déterminants dans la mise en forme juridique du mariage et de la filiation, afin de satisfaire l’infime lobby qui assure les “représenter”. Mais leur statut est particulièrement illusoire car ils ne peuvent espérer de protection contre la haine assassine que les extra-européens leur vouent ouvertement. Ils sont eux aussi sacrifiables après avoir servi à cristalliser l’hégémonie institutionnelle des “minorités” contre la majorité, qui se trouve criminalisée dès qu’elle ose s’affirmer comme occidentale et sexuée.

*Cette structuration d’inégalités statutaires est mécaniquement confortée par le contrôle différentiel que l’État exerce inexorablement contre les populations occidentales, alors qu’il se montre expressément laxiste avec les infiltrés, qui n’acceptent que les avantages, jamais les devoirs. La population occidentale est de plus en plus considérée comme le troupeau passif chargé d’entretenir les populations nouvelles, dispositif proto-impérial typique qui doit tout naturellement amener un effondrement de la socialité propre aux nations. Celles-ci sont incitées, de fait, à se transformer en micro-empires, avec une gamme d’inégalités de richesses et de statuts qui rejoint celle des siècles les plus obscurs, bien plus sinistres que la légende noire du Moyen-Age. Les manipulateurs des leviers étatiques et financiers y voient une étape préliminaire à la constitution d’une forme impériale continentale, voire mondiale, pour les plus illuminés.

IV. Les méthodes du sabordage institutionnel

Le déni officiel et mécanique opposé aux lanceurs d’alerte devant cette régression généralisée s’appuie sur un appareil de propagande médiatique, politique et judiciaire inconnu des époques antérieures aux régimes totalitaires. Sa fonction de déréalisation et de mensonge politico-social repose sur l’activité d’un personnel militant formé depuis un siècle à la technique du mensonge de granit. Le marxisme-léninisme, inventeur du premier régime de ce genre, imité par le national-socialisme, s’est littéralement condensé en un ersatz de IVe monothéisme :

+l’histoire correspondrait à une entité divine (toujours moniste)

+le “prolétariat” rêvé (la “race” des nazis), au messie collectif [2]

+les idéologues, aux intercesseurs sournois, avides de pouvoir ;

+le monde situé au-delà de l’horizon temporel (l’avenir), à l’autre monde merveilleux et parfait destiné à venir fusionner avec le monde concret imparfait pour le rédimer dans une ambiance de millénarisme triomphal.

Ce dispositif fictionnel n’a subi qu’une retouche dans les 30 dernières années : le “messie” de synthèse a changé et serait incarné par les “migrants” musulmans, tandis que d’autres populations, bien plus maltraitées, comme les athées, les chrétiens, les yézidis, etc., sont ignorées le plus longtemps possible. Ces cibles ne sont en effet d’aucune utilité pour désagréger les sociétés occidentales. Et le miracle constamment proclamé et toujours retardé de la techno-science promet l’avènement du monde infantile et magique qui ferait oublier ce naufrage.

Le christianisme n’est entré dans sa trajectoire triomphale qu’à partir du moment où il est devenu religion d’empire, à la fin du IVe siècle de l’ère dite “chrétienne”. Paul Veyne a décrit avec une grande acuité l’aspect étrangement contingent et fortuit de ce succès rencontré par une croyance religieuse bizarre, auquel n’adhéraient alors que 5 % de la population de l’empire [3]. Mais ce support impérial a fait défaut à la partie occidentale du christianisme dès les décennies qui ont suivi la proclamation de son statut de religion officielle. La curie romaine n’a cessé, très logiquement et pendant des siècles, de favoriser des formes impériales sur lesquelles elle espérait s’appuyer (l’“empire” carolingien, puis la réactivation de son fantôme par Othon avec le “Saint-Empire romain germanique”). Le Vatican et cet “Empire” ont fini par admettre leur échec irrémédiable lors de la longue “Querelle des Investitures et de l’Empire”, ouvrant bien involontairement la voie à la cristallisation des nations souveraines. Tout se passe comme si le catholicisme institutionnel s’efforçait aujourd’hui d’en finir avec cet Occident si profondément rétif aux logiques impériales, en exaltant le délire consistant à prétendre qu’un chrétien doit se considérer comme coupable immédiat de tout mal advenant dans le monde. La plupart des églises évangéliques suivent la même dérive, ce qui confirme la connexion profonde des terreaux idéologiques catholiques et protestants. On voit donc se renforcer constamment la conjuration imbécile et monomaniaque des monothéismes, depuis le deuxième (christianisme), le troisième (islam) jusqu’au quatrième (marxisme-léninisme dégénéré, faute de religion routinière de repli, en gauchisme culturel et en multiculturalisme, et même en radicalité creuse). Le premier monothéisme étant la cible consensuelle de cette conjuration.

Le marxisme-léninisme et ses versions dégradées (castrisme, sandinisme, sectes maoistes, trotskistes, etc., sans oublier les fossiles du type Badiou ou Todd), déguisés en gauchisme culturel (la poussière des agitateurs universitaires comme Bourdieu, Boucheron, Héran, etc.) qui sert de caution aux chamanes de la pieuvre médiatique (Plenel, Bourdin, Cohn-Bendit, etc.) ne constituent pas seulement le socle d’une attitude et d’une pratique conspirative qu’ils assument tout en la traquant chez les autres [4]. Ils sont l’expression d’un dispositif sociologique propre à cette intelligentsia renégate : aucun débat n’est autorisé sur l’Occident, puisqu’il ne mériterait pas d’exister. Orwell avait perçu dès 1937, dans Le Quai de Wigan, à quel point ces intellectuels doctrinaires ambitionnent de se faire prêtres et contrôleurs de la “théorie”, en se considérant comme les seuls vrais membres du “Parti” appelé à orienter l’histoire. Ils n’ont jamais compris comment les bureaucrates et les oligarques de l’économie finissent toujours par les prendre de vitesse... Cette posture s’est aggravée avec le temps, en proportion du naufrage exponentiel de leurs hallucinations, conformément à la logique de dissonance cognitive par laquelle les croyances religieuses parviennent à se conforter malgré les démentis factuels massifs qu’elles rencontrent. Le principal motif de leur acharnement est assez simple  : ne pouvant reconnaître l’énormité de l’échec du “socialisme”, attesté par la désertion générale du monde ouvrier, si maltraité sur toute la planète par ces technocrates de l’histoire, ils sont incapables de se défaire de leurs illusions. Comme pour toute religion ratiocinante et radoteuse qui prétend avoir découvert la nature du divin et l’accès à l’autre monde qu’elle invente, il ne leur reste qu’à contaminer de nouveaux adeptes par cette obsession de l’exactitude “quand même” de leurs prophéties ratées.

Leurs thèses se sont ainsi confortées au fil de la longue série de catastrophes qu’elles induisaient  :

+le socialisme a garanti l’enfer sur un tiers des terres émergées ;

+l’anti-impérialisme, promu par la seule force impériale sérieuse du XXe siècle, la soviétique, n’a pas permis la rencontre et la coalition de tous les opprimés du monde, au contraire. La renaissance fantomatique et bancale des empires s’affirme aujourd’hui partout en dehors de l’Occident. Le chauvinisme impérial est infiniment plus compact et féroce que la référence nationale ;

+le tiers-mondisme qui prétendait annoncer un nouveau type de fonctionnement des sociétés sorties de la situation coloniale s’est dissous soit dans des régimes pires que les régimes coloniaux, soit dans une imitation sournoise des mécanismes capitalistes, mais sans les correctifs institutionnels destinés à ménager la société civile [5]. Ces régimes se font “nation” de façade, tout en pratiquant un retour à une verticalité impériale ou en subissant une désagrégation chaotique  : l’histoire a montré depuis 4000 ans au moins que ces deux situations alternent de façon systémique dans les zones impériales, dont le cours ressemble à la course d’un hamster cavalant dans sa roue. Une zone impériale finit toujours par se fragmenter en caricatures d’empires-bonzaï rivaux, avant de se lancer dans des tentatives ravageuses de réunification provisoire, qui durent rarement plus de trois générations comme l’avait constaté Ibn Khaldoun.

Ces intellocrates occupent la niche sociopolitique des compagnons de route agglutinés autour du nouveau totalitarisme, islamiste, ancré dans son substrat anthropologique mortellement hostile à l’Occident depuis 14 siècles. Ils ne savent ni ne peuvent avoir d’autre projet que l’action naufrageuse contre les sociétés occidentales. Les pratiques criminelles des socialistes du goulag perdurent comme résidu d’une utopie en ruine, qui guide chacun de leurs pas  : tout ce qui se rattache au socialisme et au communisme ayant connu un naufrage absolu, il faudrait que l’Occident, qui n’existe que par ses nations, disparaisse puisqu’il constitue une base de comparaison insupportable [6].

Paris, le 30 décembre 2018


[1Yves Mamou, dans Le grand abandon, les élites françaises et l’islamisme, éd. L’Artilleur, sept. 2018, souligne le rôle précurseur du Gisti, fondé en 1972 par quatre énarques imprégnés de “l’esprit de 68”, pour la manière dont il a provoqué une manipulation juridique dans la politique de l’immigration (p. 52-55). Cet ouvrage détaille comment les “grands corps” de l’État, notamment le Conseil d’État, ont relayé cette démarche consistant à bouleverser les institutions par le “droit” : “Une révolution par le droit, orchestré par le haut de la société, une révolution d’élites non élues, indéboulonnables, qui utilisent la loi et le règlement comme outil de transformation politique, démographique et social”, (p. 157). Le projet d’Union européenne a amplifié cette opération : “L’immigration dit en réalité la vérité du projet européen”, ibid. Si Montesquieu défendait l’équilibre des pouvoirs comme critère du bon gouvernement, l’histoire a fourni de nombreux exemples désastreux de la prédominance de l’exécutif et un peu plus rarement des défauts propres aux “régimes d’assemblée”. Jamais une telle domination arbitraire de l’instance juridico-constitutionnelle n’avait été rencontrée.

L’affaire du Pacte de Marrakech mis en place en décembre 2018 à l’ONU suit très exactement ce type de procédure, et s’inscrit dans une logique de couverture rétroactive des mesures imposées par Merkel en 2015, contre les règles officielles de l’Union européenne. Cette “Organisation des Nations Unies” manœuvre ouvertement pour aboutir à la destruction des nations.

[2J.-L. Amselle signale l’origine raciologique des « classes » chez Guizot, la source de Marx sur le sujet (Vers un multiculturalisme français, réédité chez Champs en 2001). Ce racialisme sous-jacent a explicitement envahi les discours bolchéviks des années 1920, jusque dans les Congrès de l’Internationale communiste. Cette ambiguïté native rend moins surprenante la manière dont la “lutte des races” est aujourd’hui mise en avant par les multiculturalistes racialistes. La transposition terme à terme des formulations de la théologie marxiste rencontre la complaisance de tous les tenants du gauchisme culturel, leurs héritiers intransigeants.

[3Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chrétien (312-394), Paris, Albin Michel, « Idées », 2007. rééd. Paris, Le Livre de Poche, 2010.

[4Bien que la plupart des activistes organisés en 68 aient prétendu récupérer fidèlement l’émotion collective, ils n’hésitèrent pas à revendiquer leur filiation léniniste et souvent directement stalinienne. La gauche culturelle, qui a regroupé les transfuges de cette faune et les activistes un peu moins momifiés, a affecté de se débarrasser de la carapace stalinienne, mais pour en garder la logique fondamentale : détruire les sociétés occidentales. La grande caractéristique de ceux qui ont surnagé après 68, et bâti leur carrière sur un passé en perpétuelle réécriture est leur volonté de détruire leur propre société ne la remplacer par rien.

[5L’enfer routinier musulman, pré-industriel, s’est diffusé pendant 14 siècles, et par sauts : conquêtes du VIIe siècle de l’islam sur le Proche-Orient, l’Afrique du nord et l’Espagne, ainsi que le monde iranien, puis invasion turque sur l’Anatolie (XIIe siècle) et les Balkans (XVe-XVIe siècles), et enfin sur l’Inde du nord (du XIe au XVIe siècles). Seuls les Européens ont réussi à le faire reculter en le boutant hors d’Espagne et d’une grande partie des Balkans. La domination musulmane s’est avérée infiniment pire que le régime colonial induit par les dominations européennes, en ceci que l’islam parvient presque toujours à interdire à ses victimes la conscience de soi ou à la mutiler d’une façon atroce. C’est le contraire de ce qu’a toujours fait l’Occident, qui a fourni les outils d’émancipation à ceux qu’il a colonisés ! Les sociétés occidentales semblent constitutivement inaptes à la création de véritables empires, ce qui renvoie à leur spécificité fondamentale.

[6Le vote pour le Brexit au Royaume-Uni, l’élection de Trump aux États-Unis (près de 50 % des Occidentaux sont anglophones), ou le sursaut des États du groupe de Visegrad en Europe centrale, comme le cours politique en Autriche et en Italie, voire en Bavière, montrent que des pans importants et même décisifs de l’Occident ont commencé à réagir en profondeur depuis 2015, en se conformant à un instinct collectif de survie. Ces réactions demeurent assurément tâtonnantes, mais l’orientation de cette dynamique est indiscutable. L’appareil parasitaire de l’Union européenne, cette désunion fractale programmée, ne sait plus comment réagir devant le réveil des sociétés européennes. La volonté de faire de l’anglais la langue de référence de cette “Union”, alors qu’il resterait moins de 2 % d’anglophones dans ses limites, symbolise la dérive hors sol de cette structure bureaucratique et technocratique.


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